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Agriculture bovine

La Fruitière de CERCIER

Vous avez certainement tous remarqué, au bord de la départementale en arrivant d’Allonzier, le bâtiment de l’ancienne « fruitière de Rassier », à côté de l’ancienne porcherie. Certes ? les bâtisses se sont embellies, mais elles ont gardé leur physionomie.

Voici, en quelques lignes, un petit rappel de la vie  de la fruitière.

Divers documents conservés par Mr et Mme Henri Bocquet (livres de comptes) ont permis de remonter jusqu’au début du siècle concernant l’activité de la fruitière. Un livre de recettes et dépenses en 1918 fait état de dix-huit porteurs de lait.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu du nombre de porteurs et de la quantité de lait travaillée à la fruitière (porteurs de Rassier et de Chosal) :

ANNEE

NOMBRE DE PORTEURS

KG DE LAIT

 

1931

Rassier : 61

Chosal :  13

519 065

  75 709

1941

Rassier : 45

Chosal :  13

360 763

  61 482 

1951

Rassier : 46

Chosal :  10

480 022

  83 313

1961

Rassier : 35

Chosal :  7

646 217

129 386

1971

Rassier : 20

Chosal :  3

Total : 855 104

Provenance du lait :

La fruitière travaillait le lait des porteurs de Cercier. Selon leur lieu d’exploitation, les agriculteurs apportaient leur lait directement à la fruitière, ou au « pesage », petite bâtisse qui se trouvait au chef lieu, au bord de la départementale (il fut démoli lors de l’élargissement de la route). Un agriculteur faisait alors « la mène » qui consistait à acheminer le lait du « pesage » jusqu’à la fruitière à l’aide du cheval, d’un vélo (pendant la guerre à cause de la diminution des quantités) et plus tard en voiture.

La fruitière ou le pesage était un lieu de rencontre pour les jeunes, et les plus anciens allaient au « bistrot » faire une partie de carte (en hiver surtout).

Les agriculteurs de Chosal livraient également leur lait à la fruitière de Rassier. Un système de câbles qui partait de Chosal et arrivait à la fruitière, permettait d’acheminer le lait des porteurs dans une benne.

Les « Fruitiers » :

Voici le nom des différents gérants qui se sont succédés depuis la période d’avant la seconde guerre (retrouvés avec l’aide de Mr Aimé Lacroix) :

Mr SOMMERD (avant guerre)

Mr LYARD (pendant la guerre)

Mr LYARD Antoine

Mr JACQUET André

Mr PRETOT

 

La fabrication des fromages :

Dans les années 70, l’école de Cercier avait fait une visite à la fruitière pour étudier le travail pénible de Mr et Mme Jacquet lors de la fabrication des fromages. Mme Communal a donc retrouvé les étapes de ce travail :

Le lait déposé dans une chaudière (grande cuve de cuivre) était en partie écrémé. Après ajout de la présure dans le lait encore tiède, on obtenait une énorme « tomme blanche », qui était découpée dans tous les sens avec le « tranche-caillé ». La chaudière est ensuite chauffée et devient un peu jaune. Le fruitier procédait ensuite à la « cueillette de la pâte » à l’aide d’une barre de laiton flexible et une toile carrée en étamine de coton. Le fruitier fixe la toile à la tige et tient deux coins avec sa bouche. A plat ventre au dessus de la cuve, il passe la toile d’un côté à l’autre en raclant le fond. Tout le caillé est alors dans la toile dont le fruitier noue les quatre coins. Il accroche la poche à un palan au dessus de la cuve pour l’égouttage. La poche est ensuite dirigée au-dessus de la table de préparation et mise dans un cercle de bois du diamètre du futur fromage et couvert d’un disque de bois et pressé pour exprimer le surplus d’humidité pendant 24 heures. Le fromage est marqué à l’aide d’une plaquette de caséine portant la date. Le lendemain, le fromage est descendu à la cave où il passera 48 heures dans un bassin de saumure. Il sera stocké ensuite en cave de maturation un ou deux mois selon les goûts. Il est alors tourné tous les deux jours et brossé à l’eau salée pour enlever la couche de moisissure. Le geste du fruitier, qui fait basculer le fromage à deux bras en s’aidant de sa tête, est un spectacle inoubliable.

Avant guerre, deux fromages étaient fabriqués par jour, un seul pendant la guerre (et même certaines fois un tous les deux jours) et trois après guerre.

La porcherie :

Le nombre de cochons variait entre deux cent cinquante et trois cents cochons. Ils étaient engraissés avec le petit lait du fromage mélangé avec du maïs cuit dans une chaudière. Ils étaient ensuite vendus pour la viande.

Au 1er janvier 1983, il ne restait que quatorze sociétaires et la coopérative laitière de Cercier a fusionné avec la coopérative de Buaz-Choisy. Depuis « la ramasse » est faite par camion et acheminée ailleurs. La fruitière a donc cessé son activité.

Aujourd’hui, il reste cinq porteurs de lait qui produisent 870 000  kg de lait.

 

La mutuelle Bétail

La mutuelle bétail était une assurance destinée à indemniser les adhérents lors de la perte d’une vache ou génisse. Le nom officiel était « Syndicat d’Assurance contre la mortalité du bétail ». Elle a été créée et gérée par des agriculteurs.

Les documents, que nous avons retrouvés, remontent à 1901, mais nous n’avons pas pu déterminer la date exacte de sa création.

Voici quelques explications sur son fonctionnement glanées auprès de Mr Robert Perron qui a assuré la fonction de secrétaire trésorier de la mutuelle de 1945 à 1976, date de sa dissolution.

Cette structure était simple et ressemblait aux assurances actuelles. Chaque année, les adhérents payaient une cotisation en fonction de l’importance de leur troupeau.

En cas de décès d’un animal bovin, le propriétaire était indemnisé après évaluation par les « membres experts » de la mutuelle. Le propriétaire recevait le montant de l’évaluation moins 15 %.

Si la bête était consommable, elle était pesée et la viande était partagée entre tous les membres proportionnellement à l’importance de leur cheptel. Si elle n’était pas consommable, elle était évacuée à l’équarrissage.

Cette structure était possible tant que les troupeaux n’étaient pas très importants. Mais dès que le cheptel par agriculteur a considérablement augmenté, les redevances étaient trop importantes et le système n’était plus viable. La mutuelle bétail a été dissoute en 1976.